C. « DIVERS ». VITREAUX

Posté par papaours le 20 mars 2017

christ-de-rouault-assy.1231957102  Le Christ de Rouault (« La Flagellation »)

Le texte ci-dessous a été écrit par André Turcat. Il devait faire partie d’autres communications qu’il n’a pas eu le temps de nous transmettre.

L’art du vitrail

 

Le vitrail n’est pas né d’hier. Il y a neuf siècles, un moine du nom de Théophile écrivit un traité Diversarum artium schedula donnant toutes les indications techniques de l’art du vitrail, telles à peu près qu’ont pu les appliquer à Assy les Rouault, les Chagall. Et l’on a recueilli des débris de vitraux depuis le IXe siècle.

En réalité le verrier complet doit maîtriser, pour parvenir à son vitrail, outre le carton qu’il tient souvent d’un autre, bien des techniques, et presque des métiers divers : le verre lui-même, sa fonte, sa coloration par des ajouts subtils, sa fonte puis son soufflage ou sa coulée. Ensuite, après la coupe délicate accordée au dessin, ce sera l’assemblage aux plombs pour former les panneaux ; après, ou avant selon le cas la peinture, et cela va de la grisaille des traits et des ombres  aux teintes telles les jaune d’argent et sanguine apparus entre XIVe et XVIe siècles, qui pénétreront le verre à la recuisson, autre art, et les perfectionnements apportés depuis, sans parler de la technique du verre éclaté ; enfin la construction du vitrail final dans l’armature métallique des barlotières auxquelles il est soudé par les vergettes. Et maintenant où l’expérience de tant de vitraux, par nature fragiles, perdus par le temps ou la malveillance, la protection du vitrail, chimique, hydrométrique, grillagée, vient nécessairement compléter par des techniques, que le maître verrier doit connaître même si ce n’est pas lui-même qui va l’assurer.

Mais les techniques, mon propre métier me l’a bien appris, ne font pas l’œuvre ; elles la permettent.

Il y faut le goût souverain des couleurs assemblées dans une nef, une salle, pour y créer l’atmosphère particulière, de recueillement, de joie, voire de drame si c’est recherché ; et le verrier est nécessairement associé au concepteur pour y atteindre.

Il y faut l’esprit pour, ainsi que le proclamait dès le portail de l’abbaye Saint-Denis l’abbé Suger, grand créateur du gothique appelé alors opus francigenum, l’« art français », pour que le soleil du spirituel invisible, filtré par les couleurs merveilleuses, vienne illuminer le pèlerin, pèlerin de la foi ou de l’art.

Et c’est ainsi, dans des oeuvres comme celles de la Sainte-Chapelle de Saint-Louis, comme celles d’un Max Ingrand à St-Julien de Tours ou Yvetot, s’associent ou se confondent l’artiste et l’artisan, auxquels nous devons ces émotions si particulières du beau vitrail

                                                                                     André TURCAT

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