B. « FAMILLE ET SOCIETE ». Ensauvagement des jeunes: où sont les pères

Posté par papaours le 26 octobre 2018

Tiré du Figaro du 24 octobre 2018

 Article de Chantal Delsol*

 

La mort d’un adolescent roué de coups par d’autres mineurs et l’affaire du lycéen braquant un pistolet sur son professeur conduisent à s’interroger sur l’effacement des pères, analyse la philosophe*.

 La stupeur domine à voir un garçon de 13 ans tué à coups de barres de fer par des adolescents de son âge aux Lilas (Seine – Saint -Denis). On a le sentiment – le souvenir ? – que « cela n’arrivait pas avant ». Les rixes et les règlements de comptes existent dans toutes les zones urbaines, et certaines en sont coutumières. Mais un jeune ado, presque un enfant ! Puis, on nous informait que, à Créteil, un lycéen a braqué un pistolet à bille sur son professeur afin d’être marqué présent pendant qu’un de ses camarades filmait la scène et la diffusait sur les réseaux sociaux…

 

L’enfant n’est pas le bon sauvage de Rousseau. Il attend son humanisation. Si on ne l’humanise pas d’une manière ou de l’autre il se hâte de demeurer au chaud dans la barbarie primitive. Ainsi, ce ne sont pas de mauvais enfants qui vont chercher la barre de fer pour assassiner le voisin de cité – ce sont des enfants qu’on a renoncé à humaniser. Ou pire encore, qu’on se refuse d’humaniser, par utopisme, par démagogie, par lâcheté d’adulte.

 

Dans les sociétés mondiales l’ordre social, celui qui permet d’éviter ce genre d’insupportable meurtre, peut être atteint de deux manières possibles. Ou bien l’enfant est éduqué à la liberté, c’est-à-dire en permanent apprentissage de la responsabilité personnelle, ce qui est en principe le cas dans les sociétés démocratiques qui sont des fabriques de citoyens. Ou bien l’enfant est élevé dans la soumission, et un État autocratique vient réprimer tout écart, en général avec tant de sévérité que finalement l’ordre règne. Dans le premier cas l’enfant n’ira pas chercher la barre de fer parce qu’on lui a appris patiemment à remplacer la violence par les mots, et parce qu’il est contrôlé et accompagné par ses parents. Dans le second cas, il n’ira pas chercher la barre de fer parce qu’il sait que la police sera là avant lui, et que sa vie est ruinée s’il se livre à ce genre d’agression.

 

Le problème est que chacun de ces modèles sous-entend des conditions spécifiques. Notre modèle, celui occidental qui préfère l’apprentissage de la liberté et de la responsabilité, et la fabrique de citoyens, requiert une éducation soignée, qui ne s’arrête pas à l’affection et au dressage. Éduquer à la responsabilité exige généralement deux parents, c’est-à-dire deux pôles d’autorité capables de maintenir l’équilibre entre l’affection essentielle et la prise de risque que nécessite tout apprentissage de la liberté. Pour cela, les psychiatres le savent bien, il faut généralement un père. L’affirmation s’entend évidemment de façon générale sans préjuger des exceptions nombreuses. On constatera que dans toutes les sociétés dont les pères sont absents ou lointains (sociétés polygames, sociétés matriarcales), le gouvernement est autocratique. Il n’y a pas de hasard si les sociétés occidentales démocratiques sont en même temps, traditionnellement, des sociétés patriarcales (mais certaines sociétés patriarcales peuvent être en même temps autocratiques, comme la Chine).

 

Aussi y a-t-il une grande incohérence à vouloir écarter les pères et récuser l’autorité des parents (interdire la fessée !), ou à vouloir comme c’est le cas des lois en cours, programmer délibérément des enfants sans père. On aura remarqué l’enthousiasme frénétique avec lequel nos médias tentent de nous convaincre des bienfaits du matriarcat. Lors de son 50e anniversaire, en 1995, les Nations unies ont déclaré que les Moso (une minorité ethnique de Chine, NDLR), une société matriarcale sans père ni mari, étaient un « peuple modèle », une « société parfaite » (je cite) !

 

On croit rêver. La société sans père est autocratique, parce qu’il faut bien à un moment donné stopper les méfaits du jeune barbare. Et la mère seule a beaucoup de mal à éduquer à la liberté en même temps qu’elle apporte l’indispensable affection, car l’un et l’autre s’entrechoquent et se contredisent. Des études sociologiques américaines et norvégiennes (un abstract de nombre de ces études figure dans Le Coût social de la famille déstructurée, de Paul C.Vitz, in Revue éthique, 1996,no 21) ont été faites depuis vingt ans sur le devenir des enfants élevés par la mère seule. Sur des chiffres importants qui garantissent le sérieux des enquêtes, les résultats sont impressionnants. Les jeunes garçons délinquants sont le plus souvent ceux qui ont été privés de père. En France, on renâcle à publier ces enquêtes, et, placés devant ces chiffres, les sociologues ont tendance à récuser la corrélation, qui pourrait « discriminer » les familles monoparentales… Elle existe pourtant, sur le long terme et dans des pays fort divers (États-Unis, Canada, Grande-Bretagne, Norvège… des dizaines d’études sont référencées dans l’article cité ci-dessus).

 

Si on ne veut pas de pères dans les maisons, on aura un jour prochain la police dans les lycées et une sévérité pénale singapourienne. Aujourd’hui, le garçon de 13 ans est assassiné parce que nous sommes dans une situation politico-sociale de transition : nous avons une société démocratique (et non un État policier) et en même temps l’autorité parentale et paternelle est dénigrée ou récusée. Nous ne pourrons pas demeurer longtemps dans cette situation. Il nous faudra accepter de légitimer une autorité d’un côté ou de l’autre – aucune société ne peut vivre dans une situation anomique, où les enfants s’entretuent.

 

* De l’Institut. Dernier ouvrage paru «Un personnage d’aventure : petite philosophie de l’enfance » (Cerf, 2017).

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C. « DIVERS ». Le discours de Viktor Orbán rentrera dans l’Histoire

Posté par papaours le 26 octobre 2018

Source : « internet », le 18/09/2018

C’est bien à un discours historique que s’est livré Viktor Orbán, le Premier ministre hongrois, face aux eurodéputés, ce mardi 11 septembre à Strasbourg.

 

Historique, en premier lieu, par les raisons qui motivaient sa présence dans l’Hémicycle européen. En effet, le Parlement devait se prononcer sur le déclenchement de l’article 7 du traité de l’Union européenne à l’égard de la Hongrie, aux motifs « de violations graves contre l’État de droit ». Auparavant, fin 2017, seule la Pologne avait fait l’objet des foudres de la Commission européenne, pour des motifs semblables. Rappelons que, surnommé « l’option nucléaire de Bruxelles », l’article 7 peut aller, si la procédure va à son terme, « jusqu’à priver le pays [concerné] de ses droits de vote dans l’UE ».

 

Historique, cette intervention l’a également été en ce qu’elle se voulait une réponse claire et nette d’un État de l’Union européenne qui refuse de se plier aux injonctions d’une institution déconnectée des réalités vécues par de nombreux peuples européens. Au centre de ce procès en sorcellerie, la question migratoire. La Hongrie a, en effet, fait le choix de

contrôler ses frontières. Situé aux marches de l’Union européenne, ce pays d’un peu plus de 90.000 km2 et de près de dix millions d’habitants se trouve confronté de plein fouet à des arrivées massives de migrants depuis plusieurs années. Incapables de gérer seuls ces flux de plus en plus massifs, et confrontés à des difficultés d’ordre public importantes, les Hongrois n’ont pas tardé à réagir en (re)confiant, depuis 2010, le pouvoir à Viktor Orbán, national conservateur et membre du Fidesz-Union civique hongroise.

 

Historique, enfin, l’intervention de monsieur Orbán l’a été par le ton et les arguments utilisés. À aucun moment le Premier ministre hongrois n’a paru en situation d’infériorité. Bien au contraire, il a su développer un argumentaire de bon sens et dénoncer l’attitude ostracisante d’une Union européenne vis-à-vis de l’un de ses membres. Avec courage et détermination, Viktor Orbán a rappelé le passé d’un pays que l’Histoire n’a pas ménagé. Fondée à la fin du IXe siècle, la Hongrie fut à plusieurs reprises sous domination étrangère. En particulier placée sous la férule ottomane de 1541 à 1699, puis sous la tutelle des Habsbourg de 1867 à 1918, elle subit enfin l’emprise soviétique contre laquelle elle lutta les armes à la main en 1956. L’insurrection de Budapest, ou la révolution hongroise, qui dura du 23 octobre au 10 novembre 1956, fit des milliers de victimes et provoqua la fuite de leur pays de dizaines de milliers de Hongrois.

 

Forte de ce passé, il est donc tout à fait compréhensible que la Hongrie de Viktor Orbán ne soit pas prête à baisser les bras face à une Union européenne technocratique et hors-sol. Bien plus : après les succès enregistrés par les forces politiques souverainistes dans de nombreux pays européens, il y a fort à parier que la Hongrie servira de modèle pour tous les peuples qui se trouvent confrontés, aujourd’hui, à des difficultés semblables.

 

En votant, avec 448 voix pour, une procédure de sanction contre la Hongrie, il y a fort à parier que l’Union européenne, à la veille d’élections qui s’avéreront extrêmement importantes pour elle, aura commis une lourde erreur politique. En effet, incapable de gérer le problème migratoire, faute d’avoir su anticiper ses conséquences, l’administration bruxelloise se trouve contrainte, aujourd’hui, de recourir aux menaces de sanctions pour faire rentrer les États dans le rang. C’est oublier qu’en la matière, seuls les peuples sont souverains et qu’ils risquent fort, à leur tour, de sanctionner, l’année prochaine, les donneurs de leçons.

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E. « LIVRES ». SAINT VINCENT DE PAUL

Posté par papaours le 9 mai 2018

 Un membre de la conférence Saint Vincent de Paul nous recommande le livre « Saint Vincent de Paul » de Chantal Crepey (Edition SALVATOR). C’est avec plaisir qu’à notre tour nous vous le recommandons. Vous trouverez ci-après un extrait du chapitre 9 de ce livre.

 

Chapitre 9. Le secret d’une vie

 

Un défi

 

Génial fondateur et organisateur reconnu de la charité, artisan de la formation ecclésiastique, réformateur audacieux dans l’Église, actif défenseur de la droite doctrine, partenaire influent des pouvoirs publics, éclaireur des consciences, théologien de la charité, promoteur de la femme dans l’Église et dans la société, ami des petits et des grands, évangélisateur ardent des pauvres, missionnaire de l’au-delà des frontières, quand Monsieur Vincent meurt à Paris en 1660, sans le proclamer, il a changé le visage de l’Église et de la société.

 

 

La vie de saint Vincent de Paul, comme son œuvre, est si riche et si diverse qu’elle surprend et captive comme l’épopée d’un mousquetaire. Sa personnalité éblouit, riche de mille facettes…

Vincent 1 enfant qui promet: le petit pâtre landais quitte la ferme familiale porteur de tous les espoirs de son père qui ira jusqu’à vendre une paire de boeufs pour payer ses études.

Vincent le jeune prêtre impatient: ordonné prêtre à vingt ans et à peine six mois, il se met à la recherche de bénéfices, se rend à Rome, à Bordeaux, galope de Toulouse à Marseille, puis au retour de sa captivité, encore Rome enfin… Paris!

Vincent le captif libéré par miracle: blessé et fait prisonnier par les Barbaresques, vendu comme esclave en Afrique du Nord, il s’évade au bout de deux ans par une grâce de la Sainte Vierge qu’il priait sans relâche.

Vincent l’homme meurtri: accusé publiquement de vol, il supporte en silence la calomnie.

Vincent le prêtre en crise: assailli par le doute, le voeu qu’il fait de se consacrer aux pauvres le délivre de sa crise spirituelle.

Vincent l’homme de cour: il fréquente, dans les salons de la reine Margot puis des Gondi, les plus grandes familles du royaume et la haute société des lettres et des arts.

Vincent le converti: Bérulle l’éblouit, François de Sales le transforme.

Vincent le père des pauvres: mordu au coeur par l’abandon spirituel des paysans puis par la misère matérielle qui se cache, à trente-sept ans il commence une nouvelle vie. Toute misère aura droit à sa sollicitude.

Vincent le fondateur: homme d’action, énergique et efficace, il pose les bases de multiples oeuvres qui, quatre siècles plus tard, sont encore d’actualité.

Vincent le missionnaire: il est dévoré du zèle des âmes: « Il ne suffit pas d’aimer Dieu si mon prochain ne l’aime ».

Vincent le promoteur des femmes dans l’Eglise et dans la société: il excelle dans la coopération avec les femmes. «J’ai donné aux femmes un ministère dans l’Église, le ministère de la charité. » Il mobilise les Filles de la Charité pour l’instruction des petites filles.

Vincent le théologien: il se déclare «écolier de quatrième » mais il est bachelier en théologie et licencié en droit canonique de l’Université de Paris.

Vincent le formateur des prêtres: il s’emploie avec ardeur à la formation du clergé et fonde des séminaires.

Vincent l’homme d’influence: apprécié des plus grands, consulté souvent par Richelieu, proche de Louis XIII, membre du Conseil de conscience, écouté par Anne d’Autriche… écarté par Mazarin.

Vincent le quêteur obstiné: il entraîne la haute société dans une charité effective en sollicitant le soutien financier des plus fortunés pour le développement de ses oeuvres; il perfectionne la recherche de fonds à travers ses lettres, les Relations.

Vincent l’homme de plume: il a écrit plus de trente mille lettres (en comptant les nombreuses copies), soit trois fois plus que Voltaire !

Vincent le prédicateur: ce paysan de génie est doué d’une puissance oratoire qui sait convaincre. Il mobilise son entourage par ses discours.

Vincent l’homme de raison: son premier biographe Louis Abelly disait de lui qu’ « il excellait pour le bon sens ».

Vincent le défenseur de la doctrine: le consolateur des affligés est aussi plein de zèle pour la défense de la vérité; il s’oppose farouchement aux déviations par rapport à la saine doctrine.

Vincent le mystique: il nous a livré son secret: « Il faut la vie intérieure, il faut tendre là; si on y manque, on manque à tout’ », et laissé son portrait: « Donnez-moi un homme d’oraison, et il sera capable de tout.»

 

Depuis la biographie de son vieil ami Louis Abelly en 1664, celle de Pierre Collet en 1748 et d’Ulysse Maynard en 1860, et l’œuvre de Pierre Coste publiée entre 1920 et 1925 en quatorze volumes complétée par ses trois volumes en 1933 Le Grand Saint du Grand Siècle: Saint Vincent de Paul, on citera, parmi tant d’autres, l’œuvre d’André Dodin (1926-1995), l’ouvrage de José Maria Romàn en 1981, les recherches actuelles de Bernard Koch, celles de John E. Rybolt, et l’ouvrage tout récent de Marie-Joëlle Guillaume’. Plus de mille publications se sont accumulées sur celui que Voltaire appelait « le patron des fondateurs »!

 

1. Marie-Joëlle Guillaume, Vincent de Paul, un saint au Grand siècle, Perrin, Paris, 2015, Grand Prix catholique de littérature en 2016.

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B. « RELIGION ». Le Pape regrette le manque d’écoute dans l’Église

Posté par papaours le 22 novembre 2018

Tiré du Figaro du 29 octobre 2018

Article de Jean-Marie Guénois

En conclusion d’un synode d’un mois, François demande à l’Église moins de «moralisme» et plus de bienveillance.

 

RELIGION

Le pape François a présenté ses excuses aux jeunes, dimanche 28 octobre, lors de la messe de clôture du synode d’un mois qui leur était consacré. « Je voudrais dire aux jeunes, au nom de nous tous, les adultes :excusez-nous si, souvent, nous ne vous avons pas écoutés, si au lieu de vous ouvrir notre coeur, nous vous avons rempli les oreilles. »  Car, a-t-il insisté, « quand la foi se concentre uniquement sur les formulations- doctrinales, elle risque de parler seulement à la tête, sans toucher le cœur ». Elle devient alors « un moralisme » ou « se réduit au social ». Or, a-t-il prévenu, « nous ne pouvons pas être des doctrinaires ou des activistes ». Et François de regretter: combien « de fois les personnes sentent plus le poids de nos institutions que la présence amicale de Jésus » ?

 

Il a alors demandé aux jeunes « de sortir de nos petits cercles » en les exhortant à aller à la rencontre de ceux qui « ne sont pas les nôtres » comme des « témoins de l’amour qui sauve » et non comme « des maîtres », ni des « experts du sacré ». Parce que la « foi est une question de rencontre », non de « théories » ou de « sermons »

.

« Correspondre à la réalité »

 

Application immédiate: le traitement du document final de ce synode, élaboré par trois cents. Évêques qui ont réfléchi pendant quatre semaines à Rome à ce thème : « Les jeunes, la foi, le discernement vocationnel ». Ce document, a noté François – en l’occurrence 55 pages et 167 paragraphes, finalisé samedi soir -, n’est pas « l’objectif principal », même s’il est « utile ». « Nous croulons sous les documents », a-t-il improvisé et « je ne sais pas si ce texte aura quelques effets ». Ce qui compte désormais pour l’Église est « un style synodal » qui est une « façon d’être et de travailler ensemble, jeunes et vieux, dans l’écoute et le discernement, pour atteindre des choix pastoraux qui correspondent à la réalité »

 

Quelles sont donc les orientations pastorales nouvelles? Fondamentalement, un appel à la « sainteté », précise le document final. Avec cette remarque des « pères synodaux », comme on appelle les évêques membres du synode : « Nous devons être saints pour pouvoir inviter les jeunes à le devenir. » Il ne s’agit « pas de faire quelque chose « pour » les jeunes, mais « de vivre en communion avec eux » ».

 

Or, déplorent-ils, trop souvent les jeunes ont quitté l’Église parce qu’ils n’y ont pas trouvé « la saintet »  mais « la médiocrité, la vanité, la division et la corruption ». Les jeunes, tant par l’enquête mondiale réalisée avant cette rencontre, que lors d’un présynode au printemps dernier ou à travers une trentaine de leurs représentants lors de ce synode, attendent de facto une Église qui « brille » par son « authenticité » et son « exemplarité ». Pour ce faire, ils demandent que les prêtres soient libérés d’un surcroît de « tâches administratives » afin d’être davantage disponibles pour les « accompagner ». L’accompagnement ayant été une des grandes requêtes de ce synode pour une jeunesse en mal de repères et de paternité.

 

Autre conclusion majeure de ce synode: la place des femmes dans l’Église. Les jeunes demandent une « courageuse conversion culturelle et un changement dans la pratique pastorale quotidienne » en vue d’une « plus grande reconnaissance et valorisation» des femmes, qui doivent être présentes «à tous les niveaux » de l’Église et en particulier dans

les « fonctions de responsabilités ». Ce point, bien que voté aux deux tiers, a toutefois été l’un des moins plébiscités de tous les articles.

 

La question de la sexualité est aussi largement abordée, avec la recommandation de ne pas « étouffer » les jeunes avec « un ensemble de règles » qui réduisent la foi à une « vision réductrice et moraliste ».

 

Quant à l’homosexualité, le terme LGBT (lesbienne, gay, bisexuel, transgenre) – qui figurait pour la première fois dans un document officiel d’Église, le « document de travail » de ce synode -n’a pas été retenu dans la version finale. Du reste le paragraphe 150, qui recommande de mieux accueillir des personnes homosexuelles dans les paroisses, a été le moins bien voté : 178 pour, 65 contre.

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E. »LIVRES ». l’Homo Sapiens a colonisé le monde et continue sa conquête de tous les possibles.

Posté par papaours le 22 novembre 2018

Apparu il y a 300 000 ans en Afrique, l’Homo Sapiens a colonisé le monde et continue sa conquête de tous les possibles.

 

Tiré de « La Provence », n° 7809 du 31 octobre 2018

 

Qu’est-ce que l’homme des origines nous dit des hommes modernes ? Interview paléoanthropologique.

 

Nous avions rendez-vous il y a 300 000 ans. Il était là, face à nous, ce drôle d’animal descendu des arbres, qui a colonisé la planète et qui continue à explorer les possibles. L’Homo Sapiens donc, bien présent dans le livre et dans les mots de Silvana Condemi, paléo-anthropologue marseillaise qui le connaît fort bien, et qui nous a servi d’interprète. Dans un ouvrage passionnant, cette directrice de recherche au CNRS (université d’Aix-Marseille) et le journaliste scientifique François Savatier livrent les dernières nouvelles de cet étrange animal humain. D’où l’idée de cette « interview » préhistorique, où Sapiens nous a parlé de son apparition en Afrique il y a 300 000 ans, de sa longue conquête du monde, de sa nature, de sa culture surtout, qui l’a tant modelé, aussi bien du point de vue physique que cognitif. À l’heure où l’histoire de l’humanité accélère au point de nous faire perdre nos repères, qu’est-ce que ce long passé nous dit des grandes problématiques de l’homme d’aujourd’hui?

 

 

Nous sommes 7,5 milliards d’humains sur la Terre. Et 2 de plus en 2050. Sapiens, pourquoi cette frénésie démographique?

Seul dans la nature, je suis fragile et je meurs vite. Groupé en bande de chasseurs, je suis devenu le plus grand prédateur ayant jamais existé. Ce paradoxe a produit ce qui semble écologiquement impossible : une espèce ubiquitaire, qui transforme la nature pour y faire son nid, un nid aujourd’hui planétaire! L’explosion démographique est une particularité de l’Homo Sapiens. Cela a été possible grâce au métissage avec les autres espèces humaines, (Néandertal, Dénisoviens). Le mélange des gènes nous a permis de résister au froid, à certaines maladies ; et aussi d’apprendre des autres cultures, à progresser, car les innovations ne naissent que dans les populations à grand effectif.

 

Mais aujourd’hui, l’homme met la planète en danger, les ressources s’épuisent, le climat change. Est-ce donc irréversible?

Là où Sapiens passe, les autres grands mammifères (mammouths, bisons, ours des cavernes) trépassent… L’homme change leurs conditions de vie. Mais aujourd’hui, la protection des autres espèces et de la planète toute entière est une question de survie collective. Cela passe notamment par un changement d’alimentation…

 

Mais vous parlez du véganisme? Vous, Cro-Magnon, redoutable chasseur de mammouths, pouvez-vous renoncer à la viande?

Au repos, 20 % de ma consommation énergétique est ‘utilisée par mon cerveau. C’est énorme. Au début de mon histoire, manger de la viande, bien plus énergétique que les végétaux, a été nécessaire à mon développement. D’autant plus qu’avec la domestication du feu et la cuisson des aliments, les protéines sont devenues plus facilement assimilables. Mais le mode de vie humain a changé. On ne court plus après les bisons. Avec la sédentarité, les besoins énergétiques ont diminué. Dans les pays riches, la surcharge pondérale est un pro­blème de santé publique. Or, la nourriture est essentiellement produite pour les animaux d’éle­vage. Cela épuise les ressources de la planète. Si les hommes veulent rester aussi nombreux, et en bonne santé, il faut qu’ils diminuent leur consommation de viande. Le processus sera très lent, mais il se fera, car il est logique et inévitable pour notre survie. Et puis humainement, on ne peut pas continuer à traiter aussi mal les animaux…

 

Ah bon? Sapiens serait-il naturellement bon?

J’ai développé des facultés d’empathie, en effet, car cela m’est utile pour créer du lien social et une cohésion au sein de ma tribu. Je suis capable de m’émouvoir pour les malheurs des autres, même à l’autre bout de la planète. Très tôt dans l’histoire humaine, les vieux, les malades ont été protégés. Cela contredit pourtant les lois de la sélection naturelle qui veut que les faibles meurent. Si les femmes ont cessé

 

 

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B. « RELIGIONI ». Le Pape appelle les catholiques chinois à la « réconciliation ».

Posté par papaours le 26 octobre 2018

Le Pape appelle les catholiques chinois à la « réconciliation ».

 

Tiré du Figaro du 27 septembre 2018

 

Article de Jean-Marie Guénois

 

Dans une lettre, François invite les fidèles

à « dépasser les oppositions du passé ».

 

 

RELIGION

 

Semaine chinoise pour le pape François. À peine rentré des pays Baltes, il a publié, mercredi 26 septembre, un long « message aux catholiques chinois et à l’Église universelle ». Le successeur de Pierre explique en six pages très denses pourquoi il a pris la décision, samedi 22 septembre, de s’unir à l’Église catholique « patriotique » chinoise.

 

Cette fiction d’Église catholique fut créée en 1957 par le Parti communiste au pouvoir afin de combattre les évêques, prêtres et catholiques chinois qui étaient restés fidèles au pape et que le régime a toujours considérés comme des « clandestins ». C’est pourtant cette Église * catholique officielle que François a reconnue en espérant trouver l’unité entre « patriotiques » et « clandestins » et envisager autrement l’évangélisation de la Chine.

 

Dans sa lettre, le Pape explique pourquoi il sacrifie ceux qui, par fidélité au Siège de Pierre, se sont sacrifiés : il faut « dépasser les oppositions du passé, même récent, pour écrire une page de collaboration plus sereine »  avec le régime communiste de Pékin. Il n’y a même «pas à hésiter» quand « l’Esprit exige de nous que nous fassions un pas en avant ». François justifie aussi cette « collaboration » avec Pékin – le mot revient à de nombreuses reprises dans le texte – par le fait que la situation de « clandestinité » n’est pas dans «la normalité de la vie de lÉglise ».

 

Première dimension, donc, de ce pas : la levée des excommunications, samedi, de huit évêques patriotiques. Ce qui revient à les reconnaître, de facto, comme des évêques de l’Églisecatholique. Et à reconnaître un diocèse créé par l’Église patriotique. Une Église pourtant contrôlée par le Parti mais désormais part entière de l’Église catholique universelle.

 

Ulcéré par cette décision, le cardinal Zen, ancien archevêque de Hongkong a parlé de « capitulation » de Rome face à Pékin et de « trahison » envers les catholiques clandestins. De retour des pays Baltes, mardi soir, François a reconnu leur souffrance devant la presse : « Je pense à la résistance, aux catholiques qui ont souffert. C’est vrai. Et ils souffriront. Il y a toujours de la souffrance dans un accord » « surtout après tant d’années de clandestinité sur les épaules ». Mais « la foi de ces gens, c’est la foi des martyrs. Et ils avancent. Ce sont des grands ».

 

Il avait aussi révélé aux journalistes qu’à l’avenir, les nominations d’évêques se feraient « en dialogue » avec Pékin. Le régime « ne nommerait pas les évêques, mais un dialogue s’établirait » avec le régime avant « la nomination par le pape ». Pas de détails pourtant sur cette procédure dans le document de mercredi, qui est plutôt consacré à l’enjeu: « J’ai toujours regardé la Chine comme une terre riche de grandes opportunités », dit le Pape. Il importe donc de « construire un avenir commun de plus haute harmonie » par la « pratique du dialogue ». L’objectif étant de « promouvoir l’annonce de l’Évangile » par l’établissement d’une « pleine et visible unité de la communauté catholique en Chine » et « en guérissant les blessures du passé ».

 

Le Pape invite donc « tous les catholiques chinois à se faire artisans de réconciliation ». Ils doivent être aussi de « bons citoyens » tout en étant capables de « parole critique », mais ja­mais « par opposition stérile ». Car « l’Église en Chine n’est pas étrangère à l’histoire chinoise, ni ne demande aucun privilège ».

 

Autre passage considéré comme une avancée par le Pape: « Pour la première fois, l’accord introduit des éléments stables de collaboration entre les autorités de l’État et le Siège apos­tolique. ». Ce qui donne « l’espérance d’assurer à la communauté catholique de bons pasteurs ».

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B. « RELIGIONI ». L Église orthodoxe mondiale est au bord du schisme

Posté par papaours le 27 septembre 2018

Le patriarcat de Moscou vient de couper toute relation avec celui de, Constantinople.

 Tiré du Figaro du 15 septembre 2018

Le monde chrétien va mal en ces temps. Si l’Église catholique est déchirée par des affaires d’abus sexuels, sa sœur, l’Église orthodoxe – 250 millions de fidèles dans le monde, soit environ 12 % des chrétiens – est à la veille d’un « schisme » à propos d’une question religioso-politique en Ukraine.

 

L’Église orthodoxe de Russie, dirigée par le patriarcat de Moscou, s’oppose en effet à la constitution d’une Église orthodoxe en Ukraine qui ne serait plus sous son influence mais « indépendante » . Ou plutôt protégée par l’autorité morale du patriarcat de Constantinople, lequel jouit d’une primauté contestée mais assise sur son antériorité historique.

 

La crise est telle que, vendredi 14, septembre, le patriarche de Moscou, Cyrille, a dû convoquer un « Saint Synode » extraordinaire – une assemblée des évêques – pour prendre de graves décisions. Un communiqué du Patriarcat de Moscou indique que l’Église orthodoxe russe a décidé de ne plus « nommer » dans la liturgie, le patriarche de Constantinople. Donc de ne plus prier pour lui. Et de « suspendre » toute « concélébration » avec lui, de « rompre » enfin toutes relations de travail dans les instances où ils siégeaient ensemble. Le mot « rupture de communion »  – qui signifierait un schisme entre ces deux Églises – n’a pas été prononcé formellement, sinon en guise de dernier avertissement : « Si vous continuez les activités anticanoniques du Patriarcat de Constantinople sur le territoire de l’Église orthodoxe ukrainienne, nous serons obligés de rompre complètement la communion avec le Patriarcat de Constantinople ». Ce qui briserait, déplore le texte « l’unité de la Sainte Orthodoxie » , mais qui serait, insiste-t-il, de la  »responsabilité du patriarcat de Constantinople ».

 

C’est donc un dernier avis avant le schisme. Quant aux mesures de ruptures concrètes, elles sont un dernier cran avant le divorce définitif.

 

Un sommet en août à Istanbul

 

Le plus étonnant est que les deux patriarches, Cyrille de Moscou, et Bartholomée de Constantinople, s’étaient rencontrés le 31 août à Istanbul lors d’un sommet alors qualifié de « pacifique et fraternel » et qui avait donné l’impression d’avoir aplani ce différend. Mais moins d’une semaine après, le 4 septembre, le patriarche de Constantinople dénonçait à nouveau « les interventions régulières de Moscou dans les affaires de Kiev » comme « non canoniques ». C’est-à-dire non conformes au droit de l’Église orthodoxe qui préserve, à la différence du catholicisme – et comme la prunelle de ses yeux l’indépendance nationale et individuelle de la soixantaine d’Églises orthodoxes dans le monde.

 

Le 6 septembre, Bartholomée passait à la vitesse supérieure en nommant deux évêques – des « exarques » donc avec pouvoir canonique et juridique – chargés de préparer « la création d’une Église autocéphale en Ukraine ». Décision qui avait été notamment sollicitée par l’actuel président ukrainien Petro Porochenko et publiquement appuyée par les États-Unis. La perspective de voir l’Église orthodoxe d’Ukraine devenir tout à fait indépendante de Moscou fut alors perçue comme une déclaration de guerre par le patriarche Cyrille. Le 7 septembre, il la qualifiait d’ »incursion brutale et sans précédent dans le territoire canonique du Patriarcat de Moscou ».

 

J.-M. G

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B. « RELIGIONI ». HARO SUR LA CALOTTE

Posté par papaours le 3 septembre 2018

Tiré du Figaro Magazine, du 31 août 2018

 Article de  Jean-Christophe Buisson

 

 France, fille aînée de l’anticléricalisme pavlovien… Il aura suffi d’une phrase du pape François pour que tout ce que notre pays compte de bouffeurs de curés retrouve ses vieux réflexes combistes. Depuis cinq ans, les propos de l’homme en blanc sur les migrants, les pauvres, l’écologie, l’extrémisme religieux ou les droits de l’homme avaient fini par semer le doute chez les plus sceptiques : et si ce souverain pontife, porteur émérite de la doctrine sociale de l’Église, prouvait définitivement (comme si besoin en était…) que celle-ci avait vraiment changé depuis l’Inquisition et Torquemada?

 

D’où le soulagement de ces sous-ministres, micro-associations et pseudo-intellectuels ayant cru comprendre que François suggérait de « soigner » par la psychiatrie les jeunes de l’homosexualité.

 

Oh la belle affaire : un pape homophobe ! Et subito, pieuses condamnations et odieux commentaires de pleuvoir comme à Gravelotte sur la calotte du Saint-Père. Sauf que le pape n’a pas dit cela. Il a suggéré aux parents engagés dans le difficile dialogue avec leurs enfants homosexuels de recourir, si besoin, à un accompagnement psychologique pour les aider, eux (les parents !), à accepter leurs fils et leurs filles tels qu’ils sont.

 

Au royaume des malentendants, les sourds sont rois.

 

Jean-Christophe Buisson

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B. « RELIGIONI » . François sur le banc des accusés

Posté par papaours le 3 septembre 2018

Tiré de Famille chrétienne, N° 2120 (du 1er au 7 septembre 2018

Article de Samuel Pruvot

 

Tandis que le pape cherche à sortir des scandales de pédophilie, l’ancien nonce Carlo Maria Vigano exige sa démission pour avoir couvert les abus du cardinal McCarrick. Enquête à chaud.

 

C’est une bombe qui a explosé au Vatican alors que le pape était encore en Irlande. Une bombe atomique qui le met en cause directement sur la question des abus sexuels. Mgr Carlo Maria Vigano, ancien nonce apostolique aux États-Unis, révèle que François aurait couvert les agissements du cardinal Théodore McCarrick, ancien archevêque de Washington. Dans une déclaration de onze pages, il explique que le pape aurait été informé dès 2013 des agissements abominables du cardinal à l’encontre de nombreux séminaristes. Mais il aurait choisi de le couvrir… et même d’en faire un « conseiller ».

 

RETOUR SUR LES FAITS :

. Le 26 août, une lettre explosive de Mgr Vigano publiée par le site américain National Catholic Register met en cause le pape.

. L’ancien diplomate du Saint-Siège accuse le sommet de l’Église d’avoir été informé de Cinconduite sexuelle du cardinal américain Theodore McCarrick dès 2000 et de ravoir malgré tout nommé arche­vêque de Washington puis cardinal.

 

 La charge de Mgr Vigano contre François est très vigoureuse : «Le pape a suivi les conseils de quelqu’un qu’il connaissait bien pour être un pervers, multipliant ainsi de manière exponentielle par son autorité suprême le mal fait par McCarrick. Et combien d’autres pasteurs diaboliques François continue-t-il à soutenir dans leur destruction active de l’Église!» Par ailleurs — autre élément à charge —, François serait passé outre aux sanctions canoniques prises par Benoît XVI contre le cardinal McCarrick (sanctions non publiques et non exécutées) à la fin des années 2000.

 

Dans la foulée de ces « révélations » — toujours invérifiables à l’heure où nous bouclions —, Mgr Vigano a réclamé la démission du pape et celle de ses principaux collaborateurs impliqués dans l’affaire. « C’est une chose inouï »», commente Christophe Dickès, auteur de « Le Vatican. Vérités et légendes » (Perrin). « Cela révèle les graves oppositions et les clivages au sein de la Cité du Vatican. On atteint une forme de paroxysme. »  Interrogé dans l’avion de retour de Dublin, François n’a pas voulu commenter à chaud ces accusations devant les journalistes: « Lisez attentivement et faites-vous votre propre jugement. Je ne dirai pas un mot là-dessus. »

 

UNE AFFAIRE TRÈS COMPLEXE

 

C’est donc un long travail d’enquête qui commence pour démêler le vrai du faux. L’affaire est particulièrement complexe et passionnelle, car son extrême gravité ne fait aucun doute. Plusieurs vaticanistes, dont Andrea Tornielli, se demandent « pourquoi Benoît XVI aurait voulu tenir secrètes les mesures disciplinaires contre le cardinal McCarrick. Pourquoi elles n’auraient jamais été suivies d’effet ». Ce qui rendrait Benoît XVI lui aussi complice si l’existence de ces sanctions était avérée. Or Mgr Vigano tient pour certain que « le pape Benoît XVI a imposé les sanctions canoniques » .

 

« Je vois ici une contradiction », souligne Jesus Colina, du site Aleteia. «Quand Benoît XVI a condamné le Père Maciel, le fondateur des Légionnaires du Christ, la décision a été rendue publique. Le monde entier savait qu’il était condamné à demeurer dans un lieu de prière, à l’écart, pour faire pénitence jusqu’à la fin de ses jours. »

 

En attendant de nouvelles informations, c’est l’image du pape qui est d’ores et déjà abîmée. « Ce sont des accusations très graves compte tenu de la personnalité qui les profère », commente un évêque français. « Ce document sape les déclarations du pape sur les abus sexuels. Le message en creux est le suivant: le pape dit beaucoup de choses mais il ne fait rien. Et lui-même a couvert des abus. »

 

Mgr Viganô prétend, lui, défendre l’Église d’un grand péril: « Maintenant que la corruption a atteint le sommet de la hiérarchie de l’Église, ma conscience m’impose de révéler ces vérités. ». Il précise, avec des accents dramatiques: « Nous devons abattre la conspiration du silence par laquelle prêtres et évêques se sont protégés aux dépens de leurs fidèles, une conspiration du silence qui risque, aux yeux du monde, de faire paraître l’Église comme une secte, une conspiration du silence semblable à ce qui prévaut dans la mafia. »

 

Ces propos pourraient être jugés surréalistes s’ils n’étaient le fait d’une personnalité crédible. « L’action de Mgr Viganô s’inscrit dans la volonté de Benoît XVI de nettoyer les écuries d’Augias à la Curie», note Christophe Dickès. En charge de la gestion de la cité du Vatican en 2010, «Mgr Vigano s’est employé à mettre fin à tous les abus existants: surfacturation de prestations, appel d’offres plus ou moins douteux, copinage… Si bien que, quand il a été nommé nonce aux États-Unis… Dans le monde du Vatican, quand quelqu’un gêne, on assure sa promotion ailleurs. Il y a même un dicton latin pour cela: « Promoveatur ut amoveatur » (« Promouvoir afin de retirer’). Ce sentiment a été confirmé par la lettre que Mgr Vigano a écrite au pape Benoît XVI bien plus tard. Une lettre dont le contenu s’est retrouvé dans les journaux dans le cadre de la fameuse affaire Vatileaks.»

 

«Je crois que c’est une personne de bonne foi, estime le vaticaniste Jesus Colina. Mais, quand Mgr Vigano n’est pas entendu, il a tendance à voir le mal partout. Il a une psychologie un peu rigide. »

 

Les propos de Mgr Viganô pourraient être jugés surréalistes s’ils n’étaient le fait d’une personnalité crédible. Avec ses zones d’ombre néanmoins.

 

Si le prélat inspire confiance, certains à Rome refusent de faire de lui un chevalier blanc: «Ses motivations ne sont pas toutes pures. Ce document est aussi une forme de vengeance personnelle contre une partie de la Curie qui ne lui a pas permis d’obtenir la pourpre cardinalice. Il semble qu’il y ait aussi une vengeance personnelle contre François qui lui aurait fait quitter l’appartement qu’il avait encore à l’intérieur du Vatican pour le renvoyer dans son diocèse… »

 

Mais Mgr Vigano se défend d’avoir agi par ressentiment: « La principale raison pour laquelle je révèle ces faits maintenant est la situation tragique dans laquelle se trouve l’Église. Je le fais pour prévenir de nouvelles victimes et protéger l’Église: seule la vérité peut la libérer » Oui, la vérité doit être faite.

n Samuel Pruvot

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C. « DIVERS ». Limites de l’accueil des migrants.

Posté par papaours le 25 août 2018

J’étais un étranger et vous m’avez accueilli

Tiré de « LES AMIS DU MONASTERE », Monastère Sainte-Madeleine, numéro du 11 juin 2018, saint Barnabé.

 Par F. Louis-Marie, O.S.B., Abbé

 

Nous connaissons tous l’histoire du peuple de l’ancienne Alliance, au moins dans les grandes lignes.

 C’est comme étranger que ce peuple a pris sa première forme, en exil en Égypte. D’abord bien accueilli grâce à Joseph, il a ensuite connu l’esclavage et une liberté chèrement acquise par la traversée de la mer Rouge, puis du désert pendant quarante ans. Cette réalité originelle a été souvent rappelée à ce peuple, et c’est pourquoi Yahvé lui a demandé d’accueillir l’étranger. Le pape François rappelle que cette exigence de droit divin est toujours actuelle : « L’immigré qui réside avec vous sera parmi vous comme un compatriote, et tu l’aimeras comme toi-même, car vous-mêmes avez été immigrés au pays d’Égypte. Je suis le Seigneur votre Dieu » (Lv 19, 34), et plus forte encore est la condamnation de Jésus : « J’étais étranger et vous ne m’avez pas accueilli » (Mt 25, 35). Le magistère insiste sur ce point depuis au moins Pie XII. Il est clair que ce message ne rencontre pas un grand enthousiasme auprès des Européens, même auprès des catholiques. Il y a des raisons à cela : le terrorisme, les viols, le chômage et la défense de l’identité des pays accueillants. Certains prétendent que les évangiles ne concernent que les individus et non pas l’État. Ce point-là manque de précision.

 Faut-il donc accueillir tous les étrangers sans aucune limite et sans prudence politique ?

Je crois qu’il est bon de rappeler une distinction entre les commandements positifs (dits aussi

affirmatifs) qui exigent de faire le bien, et les commandements négatifs, qui interdisent de faire le mal. Ces derniers valent pour tous, toujours, à tout instant, et en tout lieu. « Ne pas tuer l’innocent, ne pas commettre d’impureté, ne pas voler et ne pas mentir » sont valables sans exception. Il n’y a pas de circonstance extrinsèque qui permettrait de les commettre. Par contre, pour les commandements positifs, bien qu’ils soient a priori toujours valables, ce n’est pas à tout instant. Leur application doit tenir compte des circonstances qui la rendent possible, opportune, ou non, et déterminent la mesure selon laquelle les exécuter. Par exemple « faire l’aumône » exige que l’on aide les pauvres mais n’oblige pas à mettre en péril sa propre famille ou son pays. C’est ce qu’enseigne le Catéchisme de l’Église Catholique au n° 2241:

« Les nations mieux pourvues sont tenues d’accueillir autant que faire se peut l’étranger en quête de la sécurité et des ressources vitales qu’il ne peut trouver dans son pays d’origine. Les pouvoirs publics veilleront au respect du droit naturel qui place l’hôte sous la protection de ceux qui le reçoivent. Les autorités politiques peuvent en vue du bien commun dont ils ont la charge subordonner l’exercice du droit d’immigration à diverses conditions juridiques, notamment au respect des devoirs des migrants à l’égard du pays d’adoption. L’immigré est tenu de respecter avec reconnaissance le patrimoine matériel et spirituel de son pays d’accueil, d’obéir à ses lois et de contribuer à ses charges. »

Ainsi, un pays peut décider de fermer ses frontières à tel type d’immigration si elle présente objectivement un danger important, qu’il soit économique ou politique, à court ou à long terme, et cela sans aller contre le commandement de Dieu.

 Saint Benoît demande que l’on accueille l’étranger comme le Christ, et qu’on lui témoigne toutes les marques d’humanité. Et il ajoute que l’on devra d’abord prier ensemble pour déjouer les ruses du démon, puis lire un passage de l’Écriture. Enfin, il précise que si l’hôte est exigeant, on le priera de se retirer.

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C. « DIVERS ».LE TRUMPISME VU PAR LUC FERRY

Posté par papaours le 22 août 2018

Le trumpisme, un bien mauvais modèle pour les souverainistes français

 Luc Ferry.  Le Figaro

Pour un Français attaché à nos traditions républicaines, l’actuel hôte de la Maison-Blanche représente une vivante anomalie. Nous avons sévèrement jugé les présidents qui n’ont su incarner le magistère auquel nous les avions élevés. Donald Trump, lui, n’hésite pas à bafouer toute forme de civilité en avilissant, avec un naturel déconcertant, la haute fonction qu’il occupe. La grossièreté du personnage, son inculture, son incuriosité, son irascibilité, sa susceptibilité, son imprévisibilité, surtout, et son usage pathologique du mensonge le servent, apparemment, autant qu’ils lui portent préjudice. Voici un chef d’Etat qui préfère aux procédures démocratiques habituelles – qu’il connaît mal et dont il n’a cure – les méthodes expéditives de la téléréalité, qu’il maîtrise en virtuose – tweets virulents, déclarations tapageuses, insultes ciblées, de préférence en direct, contre des chefs d’État étrangers, des journalistes indociles, des adversaires politiques, des législateurs récalcitrants et jusqu’à ses propres collaborateurs. Lui seul possède le secret de fabrication de son personnage, mélange détonant de culot et d’obscénité, qui résiste d’ailleurs à toute imitation.

 Même sa manière de tordre la réalité, ou de la fabriquer, échappe à l’ordinaire des mensonges politiques. Ce président-là réduit la vérité à un point de vue personnel, momentané, révisable. Ce qui lui importe n’est pas de dire la vérité mais de paraître véridique, pendant que les besogneux « fact­checkers » s’essoufflent à rattraper le flot ininterrompu de ses mensonges.

 Sa fortune, qu’il adore exhiber en l’exagérant, les possessions qui portent son nom en lettres géantes ont également de quoi indisposer dans un pays comme la France où parler d’argent relève toujours d’une faute de goût. Trump a la fortune vulgaire, et narcissique : il aime la montrer mais la réserve à son seul usage et ne songe à la gaspiller ni dans le mécénat ni pour des œuvres éducatives ou philanthropiques.

 Tout comme il n’hésite pas à assumer une forme de virilité, à l’heure de l’effacement de la domination masculine. Une virilité passablement fruste, la forme dégradée, si l’on veut, de l’honneur aristocratique dont Montesquieu avait immortalisé les traits. Comme l’a noté récemment le philosophe politique Harvey Mansfield, M. Trump ne vise en effet ni l’esprit de sacrifice ni l’oubli de soi. Son robuste égoïsme lui insuffle plutôt une soif inextinguible d’être aimé, encensé, applaudi. Pourtant, l’espèce « d’honneur au rabais » qu’il incarne, pimenté par la dénonciation des élites, continue à lui attacher ses électeurs, nullement contrariés par sa vulgarité et ses outrances ; ils y voient au contraire une expression d’authenticité à laquelle eux peuvent s’identifier.

  »Toute ma vie j’ai fait des deals. Je le fais vraiment bien ». La méthode est bien connue : tenir l’interlocuteur dans l’incertitude, prendre constamment l’initiative, passer à l’offensive, forcer l’autre à agir. Transposé au domaine politique, ce credo n’a produit guère de résultats. Sur les dossiers qui intéressent de près – la Corée, le commerce international, le nucléaire iranien, la Russie – , aucune issue claire ne se dessine à l’horizon, si ce n’est les risques d’une guerre commerciale et d’une sérieuse dégradation de la situation internationale.

 En France, certains reconnaissent à M. Trump le mérite de vouloir asphyxier l’immigration, de fustiger la tyrannie du politiquement correct et de revendiquer sans fard sa politique identitaire. Faut-il rappeler que l’immigration aux États-Unis touche des populations et soulève des problèmes sensiblement différents des conséquences produites en France par l’immigration arabe ou par la crise des migrants?

 Donald Trump a eu l’intuition infaillible en effet de retourner contre l’idéologie multiculturelle ses propres arguments : aux « minorités » qu’elle célébrait en victimes, il opposait les laissés-pour-compte de la crise économique, ignorés par les élites parce qu’ils étaient blancs et n’avaient rien de politiquement correct. Mais il l’a fait à sa manière, démagogique, venimeuse et auto promotionnelle.

 Quant à son brevet de patriotisme, il appelle aussi quelques correctifs. « L’Amérique d’abord »? Cette devise électorale a peu à voir avec le patriotisme et beaucoup avec le nationalisme, deux notions que George Orwell, dans un texte célèbre, distingue et même oppose. Le patriotisme, c’est l’attachement à un territoire, à une manière d’être, nationale, culturelle, qu’on vénère mais qu’on n’entend imposer à personne. Le nationalisme se nourrit de la volonté de puissance, de domination ; il est conçu en termes de victoires et de défaites, d’élévation et d’humiliation.

 

L’Amérique d’abord de Trump est un nationalisme vidé de son contenu patriotique, méfiant envers les nations étrangères, hostile aux conventions internationales et préférant un pur bilatéralisme à toute forme d’engagement multilatéral. D’où les récriminations contre L’OTAN, l’Europe, les accords de libre-échange… tous soupçonnés de parasiter la grandeur américaine.

 

Patriote, Donald Trump?

Voyez la consternante conférence de presse de Helsinki, où il avalisait les mensonges d’un autocrate étranger sur les ingérences russes dans les élections présidentielles américaines, en balayant les rapports accablants réunis par ses propres services de renseignements et assimilés à un acte de guerre : c’était désavouer, sans même s’en apercevoir, l’État qu’il préside au bénéfice de l’auteur même de ces délits. Bref, c’était Poutine d’abord.

 

M. Trump a raison d’admonester les États européens qui lésinent sur leur contribution au budget de L’OTAN. De pointer l’incohérence des Britanniques à vouloir se maintenir dans la zone de libre-échange européenne et obtenir un accord commercial avantageux avec les États-Unis. D’évoquer la dépendance excessive des Allemands au gaz russe. Et d’avoir arraché la question du politiquement correct à l’enceinte des campus pour l’agiter sur la place publique.

 

Mais une chose est de reconnaître le rôle « d’idiot utile » qu’il lui arrive quelquefois d’assumer, une autre de l’ériger en icône souverainiste ce qui le ferait sans doute bien rire.

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